Théâtre olfactif |
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Atelier dirigé par Violaine de Carné, comédienne, auteur et metteur en scène
Stage de 35 heures Du lundi 23 au samedi 28 avril 2012 : Lundi 23 avril, de 9h30 à 13h30 Mercredi-jeudi-vendredi-samedi, de 10h à 18h30 Tarif : 140 € (+ adhésion annuelle à L'Esperlu&te) Ou possibilité de prise en charge par l'AFDAS en D.I.F (Droit Individuel à la Formation) ![]() "Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts" Newton "Sentir, c'est aussi avoir conscience de, connaître par intuition" Larousse Je souhaite cette saison encore poursuivre ma recherche sur le théâtre olfactif que je développe au sein de la compagnie le TIR et la Lyre depuis 2003. Mais je désire cette année orienter ma recherche sur l'identité culturelle en privilégiant dans l'écriture le lien sensuel et sensible entre le “ce que je sens” et le “ce que je suis et d'où je viens”. C'est en partant de cette singularité, de ce rapport propre à chacun que je souhaite ouvrir l'écriture olfactive aux cultures du monde entier, en cultivant la mémoire, la différence et la rencontre d'un continent à l'autre. Aussi, j'espère que cet atelier sera l'occasion de rassembler des acteurs venus de tous les horizons, et de voyager ensemble au gré des parfums et des odeurs dans de nombreux pays. Pourquoi le théâtre olfactif ? Sens ambigü, à la charnière de ceux qui nous permettent d'apprécier la distance (la vue et l'ouïe) et de ceux qui nous donnent accès au contact (le goût et le toucher), l'odorat est un sens animal, primitif, instinctuel, voluptueux, érotique, égoïste, impertinent, asocial... II nous ramène en ligne droite à notre condition de mammifère. L'appréciation d'une odeur est éminemment subjective. Il n'y a pas d'observateur standard en olfaction comme il n'y a pas d'universalité de l'odeur. La sensation agréable ou désagréable des odeurs dépend de notre culture et de notre éducation : si on ne sent pas pareil, c'est qu'on «nez » pas pareil ! La référence de l'odorat, nous montre que les différences culturelles ne sont pas toujours là où l'on croit. Entre les origines et la culture, le distingo devient inévitable. Suivant les lieux ou les communautés dans lesquels nous avons grandi, les odeurs qui ont baignées notre enfance, les bons ou les mauvais souvenirs qui s'y rattachent, la culture n'est plus une notion figée, plus une origine, un territoire délimité, ou un concept un peu vague, mais un héritage de nos influences multiples, de nos « sentis » et « ressentis ». Nous allons tenter, sur cet atelier de recherche, de remonter le temps et de retrouver, en sentant différentes odeurs, certaines ambiances affectives. Les souvenirs seront le point de départ de nos improvisations et de nos écritures. Nous observerons comment les odeurs évoquent les souvenirs et les sensations et nous en tirerons des improvisations théâtrales. Pour ce faire, chacun humera des odeurs dans des flacons, à l'aide de « mouillettes », sans repère visuel, ni connaissance du nom correspondant à l'odeur proposée. Ecrire, jouer, c'est mettre en oeuvre sa sensibilité, son rapport subjectif au monde. Le grand pouvoir de l'olfaction, c'est précisément sa subjectivité. L'espace scénique fonctionne sur deux sens : la vue et l'ouïe . Les deux sens nobles dont l'homme dispose. L'odeur elle, ne représente pas, elle est. Elle interrompt le principe de représentation par l'irruption d'une réalité concrète qui évidemment surprend. Elle renvoie l'acteur et le spectateur à sa matérialité propre, à la mémoire de ses propres sensations olfactives, à l'affectif. Elle touche la mémoire et suscite l'émotion directement. Aussi, bien que l'odeur ne puisse être représentée, elle nous entraîne naturellement vers un théâtre de l'intime. C'est ce théâtre que notre compagnie, le Tir et la Lyre, défend dans tous ses spectacles : un théâtre où l'émotion naît chez le spectateur comme chez l'acteur par l'éveil des sens. Ce laboratoire s'inscrit aujourd'hui dans le cadre d'un nouveau projet que je mène, accompagné par deux scientifiques et une philosophe, dont le sujet de recherche est : “La création olfactive : du Kodo vers les pratiques artistiques contemporaines". Objectifs : - Arriver à décrire une odeur, trouver les mots pour la dire. - Mettre en relief les différences d’appréciation d’une même odeur. - Développer le lien émotion-mémoire-langage, toucher l’intime, trouver la sincérité dans le jeu théâtral (les odeurs sont alors le plus court chemin pour aller à l'intime.) - Écrire un texte, raconter une histoire, improviser autour de cette odeur. - Explorer les techniques et règles de l’improvisation. - Améliorer la reconnaissance des odeurs. - Elargir sa “ boîte à outils” de créateur... |