Parler, dire, jouer


Atelier dirigé par Philippe Ferran
Stage de 35 heures
Du mardi 14 au vendredi 24 février 2012 :
Le mardi 14 février de 14h à 17h30, les 15-16-17, 21-22-23 et 24 février de 14h à 18h30
Tarif : 140 € (+ adhésion annuelle à L'Esperlu&te)
Ou possibilité de prise en charge par l'AFDAS en D.I.F (Droit Individuel à la Formation)


parler_dire_jouer

L’ambition du stage est d’initier un groupe de comédiens à une technique vocale fondée sur la méthode traditionnelle qui leur permettra de se lancer spontanément dans n’importe quel texte du plus classique au plus moderne. Pour ce faire, nous effectuerons un voyage dans la langue française du XVIIème siècle à nos jours, en passant par Racine, Molière, Marivaux, Proust, Ionesco, et notre journal quotidien.


Quel français parlons-nous?

Le présent stage ne prétend pas expliquer comment il faut parler français. Chacun de nous parle sa langue comme il l’a toujours parlée et suivant les modulations, les accents de ses parents, de sa région, de son entourage, et en subissant l’influence plus ou moins établie des médias, de sa profession, de son mode de vie.

L’état d’une langue rend compte d’une société, d’une histoire, d’une situation géographique, d’une culture. La langue française est un organisme vivant. Elle a subit et subit sans cesse des transformations, des mutations à travers les conflits, l’immigration, le progrès et les techniques nouvelles. Les modulations de son débit, le déplacement des accents, l’abréviation souvent inattendue de certains mots, rendent compte de nécessités internes, des révoltes et des conditions de vie.

D’un autre côté, grâce ou à cause de la télévision, le relief des différents accents du français parlé à travers le monde a tendance à se niveler, pour laisser apparaître une langue à l’accent unique : celui des présentateurs de journal télévisé. C’est un phénomène récent. Le français dans quelques décennies rebondira sans doute sur d’autres nécessités.

Pourquoi dans ces conditions réagir à l’évolution naturelle et tenter de retrouver, de reconstituer une langue qui ne sera jamais parlée par personne et qui n’était certainement pas parlée au XVIIème, ni jamais ?

C’est que ce stage est destiné à des acteurs qui ont missions de faire passer distinctement à un auditoire, et sans possibilité de retour en arrière, un message clair fait de signes sonores.

Dés qu’on porte la voix, dés qu’on tente de se faire entendre, on ne parle déjà plus le langage quotidien. On est obligé de trouver des appuis, d’accentuer certains mots, d’aller jusqu’au bout de la phrase : on tend déjà sans le savoir à une représentation idéale du français au-delà de la spécificité de son accent et des élisions modernes.

Mais il arrive aussi qu’on hésite sur l’attaque d’un mot, sur la modulation d’une phrase, sur le sens qu’on veut donner au discours. On se sent maladroit, et malgré soi, on chante, on récite, on prend un ton emprunté, on parle faux. On s’aperçoit quelquefois qu’on n’a pas toujours réfléchi à la façon interne dont fonctionne notre langue.

C’est ce type de travail et de réflexion que nous tenterons de faire ensemble.

Philippe Ferran