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Le one man show - de l'écriture à la scène

Le One Man Show - de l'écriture à la scène

Stage dirigé par Philippe Ferran, metteur-en-scène et auteur Deux stages de 50 heures
Première session : du mardi 8 au samedi 19 novembre 2011
Les mardi 8, mercredi 9, jeudi 10 et vendredi 11 novembre : de 16h à 20h
Les samedi 12, lundi 14, mardi 15, mercredi 16, jeudi 17 et vendredi 18 novembre de 10h à 16h
Et le samedi 19 novembre de 18h30 à 20H30 + présentation de travaux à 20h30
Deuxième session : du samedi 21 avril au samedi 16 juin 2012
Le samedi 21 avril, de 10h à 17h
Les vendredis 27 avril, 4 mai, 11 mai, 25 mai, 1er juin, 8 juin et 15 juin, de 10h à 17h
et le samedi 16 juin, de 18h30 à 20H30 + présentation de travaux à 20h30
Tarif : 200 €/session (+ adhésion annuelle à L'Esperlu&te)
Ou possibilité de prise en charge par l'AFDAS en D.I.F (Droit Individuel à la Formation)
L'ambition du stage est d'initier un groupe de comédiens à l'exigence et à la rigueur du one-man-show tant sur le plan de l'écriture que sur celui de l'interprétation.

A propos de l'écriture du sketch comique :

L'illusion de l'improvisation dans l'interprétation d'un sketch, le mode de l'écriture automatique qui s'oppose à la composition classique, le principe même du stand-up qui se veut libération et communication sauvage de paroles et d'idées, tout ceci tend terriblement à minimiser, voire à discréditer cette partie pourtant essentielle dans le travail du one-man-show : l'écriture proprement dite du sketch comique.

La constatation un peu éculée suivant laquelle « le théâtre commence où finit la littérature est pourtant ici particulièrement judicieuse. Le sketch comique a horreur des répétitions , de l'emphase, des belles phrases et du style pour le style. Il s'épuise lui-même sur un mot de trop, sur un effet inutile, sur une double affirmation. Plus encore que dans le théâtre ordinaire, l'accumulation, la logorrhée, le changement continuel de proposition, décourage presque instantanément l'auditeur le plus résolu.

C'est que l'objectif du sketch comique est exclusivement de faire rire, que le rire passe exclusivement par le sens et que tout le reste justement n'est que littérature. Le spectateur a en fait besoin de très peu de choses pour être en condition de rire mais de ceci il en a besoin absolument : savoir où il est, savoir où il va et par où on le fait passer. Il faut dans un bon sketch comique, une situation, une péripétie et une transformation. Un début, un milieu et une fin. Une exposition, un développement et une chute. Avec cela bien sûr, le rire n'est pas automatique. Il faut bien d'autres ingrédients pour le déclencher : le sens des ruptures, du gimmick, des formules chocs; de l'humour dans les personnages, de la cocasserie dans le propos, du décalage entre ce qui est dit et ce qui est vécu, mais même si ces autres qualités d'écriture étaient à leur maximum d'efficacité, elles ne seraient rien sans la structure dramatique sous-jacente évoluant vers une autre situation rendant compte d'une transformation et se résolvant dans une chute.

On ne prétendra pas bien sûr apprendre à écrire à quelqu'un en quelques jours ou même en quelques semaines. La matière première et le point de vue, ne peuvent appartenir qu'à celui qui traite le sujet et qui aura ensuite à le communiquer au public en le jouant. Ce talent, cette originalité de regard sur les choses, est différent selon les personnes et il appartient à chacun de le développer toute sa vie. Mais on peut aider un auteur débutant à construire une histoire, à respecter les fondamentaux d'une structure dramatique, à établir des connexions avec le public en le mettant dans les meilleures conditions de réceptivité.

Cela passe encore et toujours par les questions de base : qu'est-ce que je raconte ? Pourquoi suis-je ici ? A qui est-ce que je m'adresse?

Un bon sketch bien structuré doit mâcher le travail de l'acteur, même et surtout si cet acteur est l'auteur du sketch. Il doit lui donner des repères et des certitudes sur ce qu'il est en train d'interpréter pour pouvoir ensuite mettre toute son énergie ailleurs, dans la tenue de scène et la tension dramatique. C'est seulement s'il est sûr de l'histoire qu'il raconte que l'acteur pourra ensuite s'exprimer totalement.

Aider des auteurs en devenir à structurer leur propos, ce sera donc le pari que nous tenterons au cours de ce stage.

Philippe Ferran